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Le point sur la stratégie d'investissement pour 2013

Il y a un an, lors de la présentation de la Stratégie 2012, nous nous interrogions sur l’avenir de l’euro et posions même la question de sa survie !
Cette question avait envahi la sphère financière, largement influencée par la vision négative de nos amis anglo-saxons, qui proclamaient haut et fort la chute probable de la monnaie commune européenne créant un environnement particulièrement anxiogène pour les investisseurs de la zone euro.
Un an après, l’euro est bien vivant, son cours contre dollar est même un peu plus élevé qu’un an plus tôt, tandis que les actifs réputés « à risque » ont affiché de belles performances : +14% pour le Stoxx 600 et le Standard and Poor’s 500.
Plus remarquable encore, la performance des marchés boursiers en 2012 s’est faite « sagement » : 20% seulement séparent le plus haut du plus bas annuel de l’indice européen, et 16% le plus haut du plus bas du SPX. Des fluctuations particulièrement étroites auxquelles nous n’étions plus habitués, 2012 déjoue tous les pronostics et restera dans les annales comme l’année de l’effondrement de la volatilité des actions.
2013 débute de manière bien différente, le « call Draghi » (cf. Editorial) poursuit ses effets, les marchés sont plus sereins et notre vision positive sur les actions beaucoup plus consensuelle. Faut-il s’en inquiéter ?

Tour d’horizon

Les Etats-Unis vont-ils continuer à nous surprendre agréablement comme ils l’ont fait en 2012  avec une  croissance  économique de 2,2%, favorable aux marchés d’actions ?

Le « fiscal cliff » et le « debt ceiling » viennent porter une ombre sérieuse au bon développement de la croissance retrouvée. Mais, ce ne sera pas le blocage tant redouté par les marchés en fin d’année, ce sera plutôt un ajustement budgétaire qui impactera la croissance américaine d’un point au moins en 2013, un impact modéré et supportable par une machine américaine qui fonctionne dorénavant harmonieusement. L’effet richesse (la Bourse et l’immobilier représentent respectivement 30 et 27% de la richesse d’un Américain) est un élément essentiel pour l’économie américaine. Cet effet,  redevenu positif en 2012, continuera à soutenir la consommation au cours de l’année 2013, gage d’un environnement économique sans mauvaise surprise.

L’Europe, elle, se trouve toujours dans une position particulièrement délicate (le FMI prévoit à nouveau une légère récession en zone euro) et la Bourse ne s’y trompe pas en restant loin de ses plus hauts niveaux atteints en 2007 avant la crise. Ce constat plutôt négatif nous rend étonnamment confiants sur l’avenir boursier de cette zone : le mouvement de rattrapage et de « normalisation » des valorisations vis-à-vis de sa « grande sœur » américaine est en cours et continuera à nourrir les performances en 2013. Sur les obligations, cette normalisation a été très rapide et nous semble pratiquement achevée. Cette classe d’actifs aux performances 2012 extraordinaires (Echiquier Oblig gagne 16% !) va retrouver un train beaucoup plus modeste. Il faudra plus de risque et plus de vigilance pour une performance moins spectaculaire. La hausse des actions sur le deuxième semestre 2012, en revanche, n’aura été qu’une dérivée de l’amélioration des marchés de crédit et nous semble offrir encore un bon potentiel. Notre message fort en ce début d’année est donc celui d’un passage de relais des obligations aux actions.

Quelles actions ?

Notre optimisme pour les actions européennes en ce début d’année n’est donc pas le reflet d’une vision « rose » de la zone euro. Le scénario « macro » reste malheureusement le même : pas de croissance à espérer pour 2013. Le monde de l’entreprise est heureusement emmené par des dynamiques positives extérieures à la zone. Une statistique simple l’illustre : le niveau moyen des exportations de la zone euro vers le reste du monde est de 20% supérieur à ce qu’il était en 2007*. Cette statistique nous fournit notre deuxième point de force qui reste identique à celui de 2012: continuer à confier des capitaux aux entreprises capables de satisfaire le consommateur mondial.

Notre effort pour mieux comprendre le consommateur chinois porte ses fruits et doit être poursuivi. De PPR à BMW en passant par TOD’S ou BELLE International, nombreux sont les champions de la croissance chinoise…

La normalisation des valorisations que nous attendons offre des opportunités de réflexion nouvelles. Les deux vainqueurs de  l’Eurostoxx en 2012 sont SOCIETE GENERALE et INDITEX. Un tandem improbable : le « value » talonne le champion de la croissance.  Il nous donne une troisième piste pour investir vos capitaux en 2013 : le changement de statut et le retour à la normale sont aussi des notions à refléter dans les portefeuilles.  L’exemple de SOCIETE GENERALE qui rebondit de 70% en perdant son statut de « junk bank » est à garder en tête ; il reste de la place pour retrouver sa valeur de banque de réseau. Bien des cas européens (FAURECIA, VICAT, CLARIANT) ne sont pas déséspérés et demeurent sur des valorisations très faibles : l’investissement « value »  retrouvera des couleurs en 2013.

En 2012, nous vous avions annoncé que nous serions nomades.  Nous l’avons été: de New-York à Salt Lake City, de Hong-Kong à Lagos, nos équipes sont allées à la rencontre d’entreprises lointaines. Valider des cas d’investissement présents dans Echiquier Global était au cœur de nos préoccupations et, lorsque nous rencontrons TSMC près de Taipei, nous comprenons mieux pourquoi le premier fondeur mondial est loin devant ses concurrents. Mais lorsque nous voyageons, c’est aussi l’Europe que nous comprenons mieux. Ainsi, la visite de l’usine VOLSKWAGEN sur le site de Chattanooga nous conforte sur le fait que le groupe vendra plus d’un million de voitures aux Etats-Unis dans moins de 5 ans. Dépasser les frontières de l’Europe nourrit l’ensemble de notre gestion, et ce, afin d’affiner chaque jour les choix présents dans vos fonds.

* Source : Datastream et « Les Cahiers Verts de l’Economie »