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Pourquoi parle-t-on de taux d’intérêts négatifs ?

Une précision d’entrée : le phénomène n’est pas uniquement européen. Les taux d’intérêt négatifs sont également une réalité en Suisse et au Japon, par exemple. En Europe, c’est la Banque centrale européenne (BCE) qui donne la tendance sur les taux d’intérêt. Or, la politique monétaire qu’elle mène aujourd’hui est extrêmement accommodante avec des taux nuls, voire négatifs, ceci afin de stimuler l’économie. Les repères de l’épargnant s’en trouvent bousculés : pour la première fois, son épargne n’est pas rémunérée, avec la perspective de ne pas retrouver la totalité de son placement. Explications.

Pourquoi les taux d’intérêts sont-ils bas ?

La BCE fixe les taux d’intérêt à court terme, appelés « taux directeurs ». L’un des plus suivis est le taux de refinancement : c’est le taux d’intérêt pratiqué pour les prêts de la BCE aux établissements bancaires ayant besoin de liquidités à court terme. Fixé à 4,25% en juillet 2008, à 0,75% en juillet 2012, il s’établit depuis mars 2016 à… 0%. Ainsi, les banques se retrouvent dans une situation où emprunter devient facile et pas cher. Elles se financent gratuitement et abaissent significativement les taux d’intérêt des crédits qu’elles octroient. Cette politique vise à inciter les banques à prêter aux ménages et aux entreprises afin de relancer la croissance économique dans la zone euro.

Pourquoi des taux d’intérêts négatifs aujourd’hui ?

Le taux de dépôt est le deuxième taux « directeur » très regardé, fixé par la BCE. Il détermine le niveau de rémunération des dépôts des banques auprès de la BCE (une partie étant obligatoire). De 2,75% fin 2008, il passe à 0% en juillet 2012, puis en territoire négatif : -0,10% en juin 2014 et -0,40% depuis mars dernier ! Il incite donc aujourd’hui les banques à ne pas conserver leurs liquidités mais à les prêter, sous peine de payer 0,40% à la BCE pour les liquidités excédentaires chaque jour !

L’effet « quantitative easing » de la BCE

En janvier 2015, la BCE a annoncé un programme d’assouplissement quantitatif ou « quantitative easing ». Ce terme anglais désigne un programme de rachat d’actifs qui consiste pour la BCE à acheter massivement (environ 80 milliards d’euros par mois) des obligations d’Etats et, depuis peu, également des obligations d’entreprises privées bien notées.

La conséquence ne s’est pas fait attendre : les taux d’emprunt d’Etat et d’obligations d’entreprises privées se sont effondrés. En effet, plus il y a d’appétit pour les obligations, plus les taux d’intérêt baissent… sans limite, y compris en territoire négatif ! La rémunération des emprunts d’Etat français est désormais négative pour toutes les durées jusqu’à 7 ans (par exemple -0,50% à 2 ans).

Du côté des obligations d’entreprises, Sanofi a récemment émis une obligation d’une durée de 3 ans assortie d’un taux de rendement de -0,05%. Dans ces deux cas, l’épargnant n’aura, à l’échéance de son obligation, aucune rémunération et ne retrouvera pas la totalité de son capital !

Vous pensez ne pas être concernés par les taux d’intérêts négatifs ?

Pas si sûr… Les dépôts ne rapportent plus rien et pourraient même vous coûter ! En Europe, certains établissements commencent à répercuter les taux négatifs sur leurs déposants (facturation des dépôts, frais divers…). Pour votre épargne, les rendements des fonds en euros (majoritairement constitués d’obligations) devraient significativement baisser. Dans vos contrats d’assurance vie investis sur le long terme, il nous semble important d’intégrer des unités de compte (supports diversifiés, dynamiques…) pour obtenir de la performance. Une façon de réinjecter les capitaux dans l’économie et de mettre l’argent au travail !