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Agressor : "contrariant" et opportuniste

Nous profitons de ce “Point Sur” pour vous faire partager les convictions qui guident la gestion d’Agressor et les illustrer par les décisions prises depuis le début de l’année.

Depuis sa création en novembre 1991, Agressor est un fonds qui donne “carte blanche” à son gérant, sans contrainte de taille d’entreprise, de géographie ou de style de gestion.

Pour profiter pleinement de cette grande liberté d’investissement, il faut avoir des repères forts dans notre analyse financière et notre perception de l’entreprise. Deux critères essentiels nous guident : une valorisation raisonnable ainsi qu’ un management de qualité qui travaille pour l’actionnaire. Une vision différente de celle du marché est un atout supplémentaire qui nous permet d’investir opportunément.

Enfin, l’appréciation du risque est un élément fondamental, que nous gérons parfois par le niveau de cash disponible dans le portefeuille, mais surtout par une parfaite compréhension des sociétés dans lesquelles nous investissons et une remise en question permanente des choix d’investissement.

Opérations conjoncturelles

Pour éviter les sociétés destructrices de valeur, nous n’investissons pas dans les secteurs en décroissance structurelle : nous avons donc cédé nos investissements dans le secteur du papier (UPM, SEQUANA), et continuons à nous méfier des télécoms, des “utilities” ou encore de la distribution alimentaire en Europe.

Avec une vision prudente sur les perspectives de l’économie européenne, mais une confiance dans la croissance mondiale, quatre secteurs nous intéressent particulièrement aujourd’hui : l’équipement aéronautique, le luxe, les équipementiers automobiles et enfin les sociétés qui vont bénéficier de la croissance africaine. Nous considérons que les perspectives de croissance des deux premiers sont notoirement sous-estimées alors que les deux seconds souffrent de valorisations extrêmement faibles et sont souvent mal connus.

Nous sommes également op­­­­­­portunistes en nous renforçant dans un certain nombre de valeurs comme MICHELIN ou SEB, ayant récemment délivré peu de performance mais dont les perspectives de croissance à long terme sont exceptionnelles.

Opérations fondamentales

Nous sommes convaincus que toute entreprise a une valeur objective ! Notre travail consiste à déterminer cette valeur et à profiter des écarts entre le prix que nous donne tous les jours le marché et cette valeur intrinsèque. Nous sommes donc naturellement contrariants et opportunistes, comme nous l’avons été début 2009 en investissant dans les sociétés endettées et cycliques.

A titre d’exemple, la valorisation actuelle de FAURECIA à moins de 5 fois ses résultats de l’année ne reflète pas la réalité de sa croissance future.

Conscients de l’importance de l’alignement des intérêts, nous investissons d’abord dans des entreprises parfaitement contrôlées et managées par un propriétaire actif, soucieux de l’intérêt des actionnaires. Aidés par notre équipe ISR, nous attachons de plus en plus d’importance à la qualité de la culture d’entreprise et à sa capacité à conserver et à faire grandir les talents.

C’est le cas de CRODA, le leader des ingrédients actifs pour la cosmétique à base de produits naturels. La société développe une vraie culture d’entreprise et l’équipe de management a elle-même monté tous les échelons de la hiérarchie.

A l’affût des opportunités, nous réfléchissons beaucoup à la notion de risque, en nous méfi­ant parti­culièrement des entreprises survalorisées. C’est notamment pour cela que nous n’hésiterons pas à garder jusqu’à 40% de liquidités en cas de nouvelle bulle des valorisations. A contrario, le risque est d’être actionnaire d’entreprises destructrices de valeur, pour lesquelles il n’y a souvent pas de limite basse de valorisation. Ce n’est jamais la peine d’investir précipitamment dans des entreprises mal-aimées par le marché.

Stratégie d’investissement

Depuis près d’un an, nous avons fait le choix d’être investis dans des valeurs dites de croissance. Elles représentent aujourd’hui près des deux tiers du portefeuille, ce qui a largement contribué à la performance du fonds.

Depuis notre dernière Lettre, ZODIAC progresse de 45%, BUREAU VERITAS de 18% et SODEXO de 17% tandis que FAURECIA, avec un statut “value”, perd 40%. Les autres entrées sont BIC, CRODA, HEXAGON, RICHEMONT et NOVOZYMES alors que nous avons vendu IMERYS, LAFARGE et NEXANS.

Malgré cette concentration actuelle sur les valeurs de croissance, nous restons mobiles et reviendrons vers les sociétés “value” quand leurs perspectives à long terme seront redevenues intéressantes ou leurs valorisations aberrantes.